Dans une lettre envoyée le 18 novembre, André LAIGNEL, Maire d'Issoudun et Président de l'Association des Maires et Elus de Progrès de l'Indre, rappelle au Préfet du département que la "liberté religieuse'" n'a aucune valeur aux yeux du droit français et que surtout, elle n'a pas le droit de cité dans notre République laïque. Il lui demande en conséquence, de rectifier l'intitulé d'une conférence organisée par les services de l'Etat, réaffirmant ainsi son attachement à la liberté de conscience et à son scrupuleux respect.
Monsieur le Préfet,
Vous avez souhaité installer une conférence départementale dite « de la laïcité et de la liberté religieuse » le 6 Décembre prochain. Cette réunion fait suite à la publication d’un « code de la laïcité et de la liberté religieuse » initié par Monsieur le Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités locales et de l’Immigration.
Je me permets de vous rappeler que seul le Parlement peut se livrer à un exercice de codification. Le document évoqué est, à mon sens, un recueil et non un code. L’initiative, dont vous avez la charge, pose d'autre part, sur le fond un grave problème. Le vocable « liberté religieuse » ne renvoit à aucun concept ; il n’existe pas en droit français. Il a toujours été rejeté par les républicains lui préférant, notamment dans la loi de 1905, celui de « liberté de conscience » qui est plus universel parce qu’il reconnaît la liberté de croire –ce que vous appelez la liberté religieuse- et la liberté de ne pas croire, d’être athée ou agnostique, ce qui concerne la majorité de nos concitoyens d’après de récentes enquêtes..."